samedi 2 mars 2013

LES LONGUES ROBES DES DAMES DE JOHN WHITE ALEXANDER



John White Alexander
"Portrait en Gris"
Musée d'Orsay
Il n'y a pas si longtemps, Norma a publié un tableau de John White Alexander sur son blog. Je me suis alors souvenu combien j'aimais sa peinture, ses portraits féminins, cette mouvance, ce vivant déployé des robes, aussi joli que le vent vif et frais dans les voiles des navires... L'Art de John White Alexander est d'une poésie totalement lyrique. Je vous propose de pénétrer dans sa peinture si subtile... 

John White Alexander
"The Fancy Dress" (Le Déguisement) 1894
John White Alexander naquit en 1856 à Allegheny City, en Pennsylvanie (ville annexée à Pittsburg en 1907). Orphelin dès son plus bas âge, il fut élevé par ses grands-parents. Dès 12 ans, John entra dans le monde du travail, il fut jeune télégraphiste à Pittsburgh, mais ses talent pour le dessin attira l'attention de l'un de ses employeurs, qui l'aida à les développer.

John White Alexander
"Althea" 1895
 
Alors en 1875, à l'âge de 18 ans, John White Alexander s'installa à New York et entra à la rédaction de l'hebdomadaire des frères Harper pour travailler en qualité d'illustrateur et caricaturiste politique, en même temps que Joseph Pennell, Howard Pyle, Edwin Austin Abbey et autres célèbres illustrateurs américains. Après ces 2 ans d'apprentissage et d'acquis, il navigua vers l'Europe.

John White Alexander
"Noir et Rouge" 1896
Un bref séjour à Paris, et ce fut en Allemagne, à la Kunstakademie de Munich, que sa formation d'artiste débuta, sous la houlette de l'artiste Hongrois Gyuka Benczur. Puis il rejoignit le cercle d'artistes de Frank Duveneck avec William Merrit Chase et Henri James, dans le village de Polling, en Bavière. Ses premiers paysages et scènes de genre des années 1875 portent l'empreinte du réalisme Munichois de Wilhelm Leibl. Son pinceau fluide ressemblait alors à ceux de Frans Hals et de Diego Velasquez, peintres qu'il admirait profondément. Le cercle d'artistes partit pour Venise, où Alexander profita des conseils de James Abbott Mac Neil Whistler. Puis, il poursuivit son apprentissage de l'Art à Florence, à Paris et aux Pays-Bas.

John White Alexander
"Une Rose" 1900
 
En 1881, l'artiste retourna à New York pour enseigner le dessin à l'Université de Princeton, il connu très rapidement le succès et la reconnaissance publique dès ses premières expositions de portraits où sa palette, plus en retenue, évoquait déjà les émotions dans l'ombre et le geste. Parmi ses modèles, on peut remarquer Oliver Wendell-Holmes, John Burroughs, Henry G. Marquand, RAL Stevenson, et McCosh, le président de l'Université de Princeton.

John White Alexander -
Panneau pour une Salle de Musique
1894
Detroit Institute of Arts
Clic sur l'image

En 1889, sur une commande de Mme Jérémie Milbank, John White Alexander batit sa renommée par deux superbes portraits, l'un de Walt Whitman et un autre de Mr Milbank. L'artiste obtint un succès international dans les années 1890 grâce ses portraits de femmes idéalisées dans des intérieurs élégants. Son style affirme le potentiel décoratif de la peinture figurative dont la principale impulsion est esthétique et formelle plutôt que référentielle ou de représentation.



John White Alexander
"Le Bol Bleu" 1898
En 1891, John White Alexander vint vivre une décénnie à Paris où il gagna une reconnaissance internationale.

John David Alexander
"La Robe Verte"
En 1893, sa première exposition au Salon de Paris, celles de l'Exposition Internationale Carnegie et du Salon des Peintres Graveurs et Sculpteurs furent d'éclatants succès. S'ensuivit l'élection immédiate  de l'artiste à la Société Nationale des Beaux-Arts, moment à partir duquel de nombreux honneurs lui furent accordés.

John White Alexander
"Femme en Robe Rose"
En 1901, John White Alexander fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur et en 1902, il devint membre de la National Academy of Design, membre de l'Académie Américaine des Arts et Lettres, président de la Société Nationale des Peintres muraux. Parmi les récompenses qu'il reçut au cours de sa carrière, il faut compter la prestigieuse médaille d'or de l'Exposition Universelle de Paris en 1900 et celle de l'Exposition Universelle de Saint-Louis en 1904.
 
John White Alexander
"Le Rayon de Soleil"
dit aussi "La Violoncelliste" 1898
De retour aux Etats-Unis en 1904, élu à la présidence de l'Académie Nationale de Design de 1909 à 1915, Alexander ne cessa de s'impliquer dans le dévelopement et la promotion de l'Art, il fut mandaté pour créer de nombreuses et prestigieuses fresques murales.

John White Alexander
"Jeune Femme se Coiffant" 1890-95
 Beaucoup d'oeuvres de John White Alexander sont aujourd'hui exposées dans les musées et les monuments publics d'Europe et des États-Unis, dont le Metropolitan Museum of Art, le Brooklyn Art Museum, le Los Angeles County Museum of Art, le Musée des Beaux-Arts, de Boston, l'Institut Butler, et la Bibliothèque du Congrès à Washington DC. En outre, dans le hall d'entrée du Musée d'Art de l'Institut Carnegie à Pittsburgh, une série de peintures murales d'Alexander intitulé «Apothéose de Pittsburgh" (1905-1907) couvre les murs de l'atrium et des trois étages.

John White Alexander
Portrait de Mrs. Herman Duryea -1900
 
John White Alexander épousa Elizabeth Alexander Alexander, à qui il avait été présenté en partie à cause de leur nom de famille commun. Elizabeth était la fille de James Waddell Alexander, président de l'Equitable Life Assurance Society au moment du scandale Hyde Ball. Le couple eut un enfant, le mathématicien James Waddell Alexander II. John White Alexander décéda à New-York, le 31 mai, à la fin du printemps de 1915.

 
John White Alexander
"Repose" 1895
MET
 Pour "Repose", l'expression provocatrice du personnage et ses courbes souples reflètaient le goût français de cette époque pour les représentations de femmes sensuelles et les rythmes ondulants et linéaires de l'Art Nouveau. Avec ce modèle enveloppé dans des flots de tissu blanc, cette oeuvre fut raillée dans un magazine français, le modèle fut comparé à la danseuse américaine Loïe Fuller (1862-1928), la femme-papillon, célèbre pour manipuler des tourbillons de soie sur scène.

John White Alexander
"Portrait of a Lady" 1900

"Portrait d'une Dame" fut peint pendant la période parisienne d'Alexander. Temps où les portrait de dames furent sujet favori. Ce portrait est caractérisé par une simplification et un aplanissement des formes, d'élégants contours linéaires et une compostion assymétrique. La palette est discrete et limitée, avec un seul ton dominant. On peut remarquer là l'influence pénétrante de James Abbott Mac Neil Whistler, maître de l'Art pour l'Art.

John White Alexander
"The Ring"( La Bague)1911
Metropolitan Muséum of Art
Etude psychologique pour "The Ring" (La Bague). Le pinceau devenait moins pictural, plus soucieux de proposer des formes diffuses, presque abstraites. Pour ses oeuvres, John White Alexander adopta une toile à très gros tissage, dont la texture fut un élément important dans le rendu de ses oeuvres.
 
John White Alexander
Isabella" ou "Le Pot de Basilic" 1897
Boston - Museum of Fine Arts
 
Tout au long de sa carrière, Alexander favorisa la compositions avec un seul ton sur un fond fortement contrasté. Le contour sinueux et curviligne de l'héroïne "Isabella" ou "Le Pot de Basilic" (1897) évoque les formes contemporaines de l'Art Nouveau. Comme les Symbolistes, Alexander chercha par le geste et la lumière à intensifier le traitement sensuel du sujet.
John White Alexander
"Nature Morte aux Plumes
et Jarres de Gingembre"
 

28 commentaires:

  1. Un billet qui fait rêver les petites filles que nous sommes encore un peu...
    Merci, Nathanaëlle et très belle journée !
    J'adore "Repose" !
    Bises.

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    1. Perso je n'aime pas porter de robes, mais c'est la lumière posée sur les tissus et l'élégance des plis et des sujets qui est superbe ici.
      Bon week-end Norma !
      Bises

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    1. N'est ce pas ...
      Bises Josette, bon WE !

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  3. cette série est magnifique, merci!

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    1. La delicatesse de cet artiste est remarquable.

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  4. D'après ce que tu montres ici, John White Alexander mérite d'être sacré peintre de la féminité ! Tous ces tableaux dégagent une exquise sensualité, plus ou moins voilée, mais bien présente dans les ondulations des formes, des chevelures, ou des plis des robes. De plus, j'ai rarement vu la volupté du pelage des chats aussi bien rendue en si peu de coups de pinceau.
    Oui, vraiment un grand peintre de la femme et des chats, ce Monsieur Alexander ! Je suis fascinée.
    Un mot encore avant de me sauver (car il est l'heure de passer à table !). Isabelle et le pot de basilic, voilà un titre aussi énigmatique que la source de lumière dans cette toile. On dirait qu'Isabelle cache une lampe sous sa robe :)
    Grand merci pour cette merveilleuse découverte, Nathanaëlle.
    Bisous et beau dimanche dans ta contrée

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    1. Entièrement d'accord avec toi pour sacrer cet artiste "peintre de la féminité".
      Oui, c'est surtout le chat du tableau "Noir et Rouge" qui est particulièrement bien réussi.
      Oui, la lumière "d'Isabelle et le Pot de Basilic" est très délicate, elle est posée à mi-hauteur du sujet, et cela donne en effet cette impression que la source émane de dessous. Les tableaux sont extrêmement bien pensés et formidablement exécutés.
      Bises et bon week-end Tilia !

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  5. Dear Nathanaelle,

    Beautiful painting, beautiful ladies & lovely dresses! Thank you for introducing me to John White Alexander.

    Happy weekend,

    Madelief x

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    1. Dear Madelief,
      yes, a wonderful painter ! A lot of élegance and subtlety in these paintings.
      Nice Week-end !

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  6. Quel merveilleux billet où les femmes sont sublimées ! Je ne sais lequel je préfère, tous dégagent une telle sensibilité, comme Tilia je suis fascinée, un faible pour les deux toiles aux chats noirs !
    J'ai vu un très beau pastel sur Venise, en lien un billet que je ne connaissais pas, j'y retourne.
    Merci à toi pour ce partage
    Je t'embrasse
    Danielle

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    1. L'Art de cet artiste est effectivement très subtil, on ne peut qu'être fascinée. Le premier des 2 chats est vraiment extraordinaire. La lumière fait tout et elle est extrêmement bien posée, bien placée.
      Heu..Où est on lien vers ce pastel ? lol
      Bises

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  7. Je suis complètement fan de ces tenues ; c'est la classe et la féminité dans toutes leurs splendeurs
    Merci ma Nath pour ces moments de rêve
    Affectueusement
    Rose

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    1. Cela ne me tente pas de porter ces tenues, lol mais les silhouettes sont superbes et l'élégance de ces tableaux est fascinante.
      Bises chatfectueuses

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  8. Un bon peintre, bien doué pour peindre les femmes dans toute la splendeur du siécle passé.Sa formation a été solide, fruit de beaucoup de travail. Il a certainement bénéficé de relations, mais quand on a du talent.
    Blogalatil

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    1. Bienvenue Blogalatil,

      Les lumières sont splendides, et la lumière fait beaucoup pour la beauté et l'atmosphère du tableau.
      Dans le milieu de l'Art, c'est chaque jour qu'il faut creuser sa place, les relations ne font pas l'artiste. Le parcours d'un artiste, c'est chercher, chercher, chercher la lumière. 20% de talent et 80% de travail.
      Bon week-end !

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  9. C'est vrai que ces robes sont très très longues... Je ne saurais laquelle choisir ! Je suis en amour avec le tableau nommé "Isabella", j'aime sa modernité. Belle journée à toi. brigitte

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    1. "Isabella" est magnifique, outre sa modernité, la lumière est superbement interessante.Les robes osnt longues mais les canons sont respectés, cete impression est renforcée à cause de la vue légèrement en contre plongée, comme dans "Repose".
      Bisous et bon dimanche Brigitte !

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  10. Beaux reflets de la mode à cette époque ! Je ne connaissais pas ce peintre : heureusement que tu es là (et aussi norma), ainsi, je me coucherai moins bête ce soir !

    Biseeeeeeeeeeeeeees de Christineeeeeeeeeeeeee

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    1. Il y a quelques artistes que j'ai découvert grâce au net, on ne peut tout savoir lol Je ne connaissais pas toute l'oeuvre de John White Alexander, mais le tableau d'Orsay m'avait beaucoup plu la première fois que je l'avais vu. C'est comme cela, de fil en aiguille, ou plutôt, de pinceau en pinceau, que l'on cherche à en savoir un peu plus lol
      Bisous

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  11. Un véritable défilé organisé par le grand couturier Alexander et moi en rêvant , je me vois princesse choisissant quelques modèles pour la nouvelle saison...J' ai donc choisi :
    Portrait en gris
    La femme en robe rose
    jeune femme se coiffant...
    On me fera certainement un prix..? :-))
    Merci Nath pour tant et tant de découvertes...
    De tout coeur je t' embrasse

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    1. Ah le "portrait en gris" est sublime !
      Excellent choix de robes en couleurs ! lol
      Bisous et doux dimanche Mathilde

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  12. I really like long dresses, cheers Nathanaelle.

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    1. John White Alexander also likes long dresses... :D

      Cheers Bob and nice end of sunday

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  13. Je croyais avoir mis un commentaire pour te dire que parmi toutes ces belles je préfère celle qui se coiffe ! Quel beau geste sublimé par l'artiste !!! J'aurais préféré une robe bleue ou blanche mais....
    Belle journée
    Bises

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    1. Non, désolée, je les ai tous validés, celui-ci est le seul. Par contre, je réponds un peu en retard, j'en suis navrée.
      Ce tableau est superbe, le geste est vivant. Oui, le vert n'est pas non plus ma couleur favorite lol
      Bisous et belle fin de dimanche Martine

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Merci pour votre petite touche de couleur...