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vendredi 6 janvier 2017

LA NUIT DES ROIS


Jacob Jordaens
The King Drink
1640
Baroque - Ecole d'Anvers

La tradition de la galette n'est pas uniquement française... Elle a perduré chez nous, avec les diverses galettes accommodées aujourd'hui de façon fort gourmande par nos pâtissiers, mais autrefois, l'Angleterre fêtait aussi les Rois...

La Nuit des Rois se déroulait le soir de la veille de l'Epiphanie, soit le 5 janvier au soir, puisque les Rois Mages atteignirent la Crèche de l'Enfant Jésus le 6 janvier. "Twelfth Night" était la frénésie finale des fêtes et festins de Noël, on buvait joyeusement avant que la communauté revienne à la routine quotidienne du travail pour le reste de l'hiver.


Jacob Jordaens
The Bean King
1640-45
Baroque - Ecole d'Anvers

Pendant l'Angleterre Médiévale puis sous les Tudors, la douzième nuit marquait la fin des festivités hivernales débutées par  "All That Hallows Eve",  fête maintenant connue sous le nom d'Halloween. 
La nuit de Twelfth Night, le "seigneur de l'anarchie" faisait tourner le monde à l'envers, on inversait donc les choses et les rois devenaient paysans et vice-versa. On confectionnait un gâteau dans lequel était glissé une fève, un haricot sec. Minuit marquait la fin de Twelfth Night et du règne de ces rois d'un soir.


Jan Steen
Twelfth Night
1662
Baroque Hollandais


Cette tradition du seigneur de l'anarchie remonte aux festivals européens pré-chrétiens comme le festival celtique de Novembre et l'antique festival romain des Saturnales. Dans certains endroits, en particulier au sud-ouest de l'Angleterre, Old Twelfth Night est célébrée le 17 Janvier, ce qui laisse intacte la date cette coutume autrefois fixée par l'ancien calendrier julien. En Angleterre, le seigneur du manoir était chargé de la responsabilité solennelle de fournir les gâteaux de Twelfth Night. 


Jacob Jordaens
"The King Drinks"
1638
Baroque
Musée Royaux des Beaux-Arts de Belgique - Bruxelles

On dansait, on chantait, faisait la fête, et l'on consommait des quantités prodigieuses d'alcool et de nourriture avant de couronner roi l'un des participants au banquet de la Douzième Nuit.

Jan Steen
Twelfth Night
1668
Baroque Hollandais


A la Renaissance, les plus splendides fêtes de la saison de Noël eurent lieu lors de Twelfth Night. En Angleterre, le roi Henri VIII (1491-1547) introduisit la coutume italienne d'être masqué lors de cette soirée. On confectionnait des "masques de Noël", tradition qui atteignit son zénith au début du 17e siècle puis déclina. 


Jacob Jordaens
"The Bean King"
Baroque Flamand

C'est à cette époque que fut crée le gâteau de la 12e Nuit, (le gâteau des rois), et selon la tradition française, comme aujourd'hui, celui qui trouvait la fève devenait le "Bean King"


David Teniers le Jeune
Twelfth Night
1634-40
Baroque

Selon les pays, la galette des rois se consomme depuis la veille de Noël à l'Epiphanie en France, en Belgique, au Québec, en Suisse, au Portugal (bolo rei), en Espagne, et Amérique Latine (roscón de reyès -anneau des rois- et tortell en Catalogne), en Grèce et à Chypre (vasilopita) jusqu'en Bulgarie (banitsa). Par contre, en Louisiane (USA), où la tradition a perduré, le gâteau des rois se consomme lors du Carnaval de Mardi Gras.


Jean-Baptiste Greuze
"Le Gâteau des Rois"
1774
Rococo

Jan Steen
A Twelfth Night Feast, The King of Drink
1665
Baroque Hollandais


Je vous souhaite une galette des plus gourmandes pour fêter l'Epiphanie ! 
Bon appétit ! lol

Galette Pierre Hermé 2017

Galette Angelina

lundi 3 juin 2013

L'ART DE LA NATURE MORTE DE GEORG FLEGEL

Georg Flegel
Stilleben mit Brot und Zuckerwerk"
"Nature Morte au Pain et Sucreries"
Huile sur Bois
Vers 1630-35
Städlsches Kunstinstitut - Franfort

Georg Flegel éblouit l'oeil du spectateur par son extraordinaire habileté et sa précision minutieuse à représenter matières et textures des fruits, fleurs, insectes ou objets. Ses compositions reflétaient surtout l'abondance des tables aux Pays-Bas. Dans ses oeuvres matures,  les sujets baignent dans l'éclairage austère et tamisé d'une chandelle, dans une atmosphère brune, sombre, mais le tout dans une harmonie exceptionnelle. Il fut le premier et l'un des plus talentueux maîtres de la Nature Morte.


Georg Flegel
"Nature Morte à la Souris, Alcyon-Pie et Fruits"
Collection Privée - Domaine Public

Depuis le XVe siècle, l'on peignait des fleurs, des fruits, de la vaisselle, des bocaux, des victuailles, mais ils étaient des éléments épars dans un tableau. A partir de l'époque de Georg Flegel, leur représentation devint un genre à part entière : la Nature Morte, nommée en anglais "Still Life", et en Allemand "Stilleben", littéralement : "vie toujours", ce qui pourrait se traduire par "nature vivante". A ce propos, les artistes Anglais voyaient-ils et voient-ils toujours (puisque la dénomination n'a pas changé) les choses avec moins de noirceur que nous, Latins ? C'est probable. Cette représentation du caractère éphémère de la vie est, pour nous, une "nature morte" et pour les Anglo-Saxons : une image vivante à jamais. Ils sont dans le vrai ! Les fleurs, les fruits, pourtant si vite périssables, c'est la vie !

  Georg Flegel
        "Nature Morte aux Oeufs et Coccinelle"
 Huile sur Bois
       Galerie Narodni Prague
Pain, Vin et Oeuf, signification Christique
 Oeillet : Fleur de la Passion du Christ

Georg Flegel naquit en 1566 à Olmütz en Moravie (Est de la République Tchèque), la date exacte de sa naissance n'est pas connue, et quitta ce monde le 23 Mars 1638 à Francfort sur le Main, en Allemagne.
Aucune trace de son apprentissage, si ce n'est vers 1580, année pendant laquelle le jeune artiste émigra pour l'Autriche. A Linz, en 1582, il devint l'assistant du peintre et dessinateur ambulant, le flamant Lucas Van Valckenborch (1535-1597), et de son frère le paysagiste Martin Van Valckenborch (1534-1612), dont il resta l'élève jusqu'en 1592. 


Georg Flegel
"Nature Morte au Vin et aux Petits Poissons"
Huile sur Bois - 1637
Musée du Louvre - Paris
Notice


Probablement attirés par la nouvelle Guilde de Saint-Luc, les artistes s'installèrent en Allemagne, à Francfort, où les deux frères Van Valckenborch ouvrirent un atelier. Ensemble, ils réalisèrent plusieurs oeuvres de grand format, Lucas ou Martin Van Valckenborch se chargeaient des figures et Georg Flegel des comestibles, de la verrerie, de l'orfèvrerie etc...  Ils réalisaient des oeuvres à 4 ou 6 mains, en quelque sorte.


Georg Flegel et Martin Van Valkenborch
"Nature Morte aux Fruits, Fleurs et Légumes
avec un Homme offrant à boire à une Jeune Femme"
Huile sur toile
XVIe siècle

Mais en ce tournant du XVIIe siècle, à l'instar des peintres de Haarlem et d'Anvers ou encore du Français Sébastien Stoskopff (clic), Flegel s'émancipa et devint l'un des premiers et plus célèbres artistes à se consacrer à l'Art de la Nature Morte. Il en fut même le plus talentueux spécialiste Allemand de son époque.


Georg Flegel
"Nature Morte à la Mésange et à la Caille Rotie"
vers 1630-35

Loin des oeuvres monumentales partagées avec son ancien maître, Flegel travailla alors ses minutieuses études sur de petits, voire très petits formats. Au fil des ans, ses compositions occupèrent tout l'espace, laissant peu de place à un fond et semblent improvisées, mais leur choix n'était pas hasardeux. Dans ses oeuvres, Flegel faisait très souvent référence au Christianisme par la symbolique des fruits ou de la présence de certains insectes ou objets.


Georg Flegel
"Nature Morte à la Sardine et à la Libellule"
Vers 1630-35
Ses deux fils, Friedrich et Jacob, celui-ci appelé aussi Leonhard, figurèrent parmi ses propres élèves, ainsi que le peintre de fleurs Jacob Marrel et l'artiste Pieter Binoit. 

Georg Flegel
"Branche d'Abricotier"
 1630 - Huile sur bois
Landesmuseum - Darmstadt
Sur une période de trente ans, Georg Flegel réalisa plus de 110 aquarelles et oeuvres peintes à l'huile. La plus grande partie des oeuvres de l'artiste exécutées de 1610 à 1635 ne sont pas datées. Devenu bourgeois de la ville de Francfort en 1597, Flegel fut le protégé de l'archiduc Maximilien de Bavière et de l'archiduc Autrichien Ernst du Tyrol. Grâce à ses miniatures, Flegel donna le coup d'envoi à l'engouement pour les collections botaniques appréciées pendant les XVIIe et XVIIIe siècles.

Georg Flegel
Nature Morte à la Bougie
Vers 1630-35
Staalliche Kunsthalle - Karlsruhe
En cette oeuvre "Nature Morte à la Bougie", on peut voir un trait d'union avec les Vanités, célèbres au même siècle, l'éphémère de la vie évoqué par la flamme vacillante d'une chandelle, au lieu de la présence macabre d'un crâne humain.


Georg Flegel
"Nature Morte au Fromage et Cerises"
Hule sur Toile - 1635
Staatsgalerie - Stutgardt
Georg Flegel
"Schrankbild" ("L'Armoire")
Huile sur Toile
Galerie Nationale - Prague

Georg Flegel
"Nature Morte au Scarabée"
1635 - Huile sur Toile

Georg Flegel
"Nature Morte à l'Oeillet"
Vers 1630-35
Nadodni Galerie - Prague
Georg Flegel
"Vin et Sucreries"
Vers 1630-35
Georg Flegel
"Nature Morte aux Fruits secs, Souris et Perroquet"
Vers l630-35
Huile sur Bois
Alte Pinakothek - Munich
Georg Flegel
"Nature Morte au Perroquet et aux Desserts"
Huile sur Cuivre

Georg Flegel
"Nature morte avec mon Perroquet" - Aquarelle
1ere partie du XVIIe
Staatliche Muséeum - Berlin
Georg Flegel
"Iris Espagnol, Belle de Jour et Cerises"
Aquarelle, Gouache et Pigments - 1630
Kupertichkabinett - Berlin

Images : Artcyclopedia

D'autres Oeuvres de Georg Flegel sur cette vidéo - Sur une Musique de Paul Peuerl (1570-1625) :  "Deux Pièces de Padoue"

samedi 24 novembre 2012

A LA SAINTE-CATHERINE...



Albert Lynch
"Jeune Beauté au Chapeau Vert"
Réalisme
Via
25 novembre : Sainte Catherine
 
Dicton du Jour : "A la Sainte Catherine, tout bois prend racine"... mais pas seulement :
Dans le monde de la Mode, La Fête des "Catherinettes" rend hommage aux créateurs de chapeaux, aux modistes et surtout à Sainte Catherine d'Alexandrie, protectrice des jeunes femmes célibataires, car elle refusa les liens sacrés du mariage. A la fois vierge, martyre et docteur de l'Église, Sainte Catherine est représentée avec 3 auréoles, la blanche des vierges, la rouge des Martyres et la verte des Docteurs de l'Eglise.



Sainte Catherine d'Alexandrie
via
Un peu d'Histoire : 

Dans l'Egypte du IVe siècle, à Alexandrie, (alors sous domination romaine), la jeune et noble Catherine, orpheline de père, se passionnait pour l'étude des sciences, des Arts, de la philosophie et fréquentait poètes et penseurs. Illuminée par sa Foi, elle se sentait "mariée" à Jésus. Mais l'empereur Maxence exigea des Alexandrins un hommage aux idoles. Catherine souhaita rencontrer l'empereur pour une discussion afin de le convaincre de retirer son exigence. Maxence, prévenu de l'intelligence et de la force du verbe de Catherine, refusa la joute oratoire et lui imposa un débat face à 50 philosophes convoqués pour la contrer. La jeune femme se montra si convaincante que certains penseurs se rallierent à son propos. Maxence tomba sous son charme et lui proposa de l'épouser. Catherine refusa. Après un supplice où la roue se brisa miraculeusement, elle fut décapitée le 25 Novembre de l'An 310... Elle avait 18 ans.
D'où le symbole du Chapeau aujourd'hui.


Anonyme "Danse des Catherinettes"
Anciennement attribué à Brughel l'Ancien
IIe moitié du XVIe siècle
Musée de l'Hôtel Sandelin - St-Omer

L'expression "coiffer Sainte Catherine" signifiait ne pas être mariée l'année de ses 25 ans. La tradition remonte au XVIème siècle. A cette époque et jusqu'au XIXe siècle, le 25 novembre était l'occasion de renouveler la coiffure de la statue de la sainte dans les églises, les femmes célibataires entre 25 et 35 ans se chargeaient de cette tâche. On les nommait "les Catherinettes". (Les hommes célibataires ont eux aussi leur Saint Patron en la personne de Saint Nicolas - "Coiffer Sainte Catherine" pour les filles, se dit "Porter la Crosse de Saint Nicolas" pour les garçons)...

Louis Marie Lante (dessinateur)
George Jacques Gatine (graveur)
"La Modiste"
Vers 1824
Gravure Taille-Douce
 Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée - Paris
 
Sainte Catherine devint au XIXe siècle la protectrice des modistes, car nombre de jeunes femmes avaient pour profession de confectionner des chapeaux. Le 25 novembre, jour de la Sainte-Catherine, les maisons de couture parisiennes organisaient (et organisent toujours) une fête ou un défilé lors desquels les "Catherinettes" (jeunes femmes célibataires agées de 25 ans) portaient des chapeaux sophistiqués et extravagants, fruits de leur création. Leurs couleurs, le jaune et le vert symbolisant, à la base, Foi et Connaissance, étaient devenues par déformation populaire, la couleur blanche jaunie de la robe de mariée, et le vert de l'espoir (ben vi, rien n'est perdu à 25 ans ! lol).
 
C'est l'occasion ou jamais d'admirer quelques chapeaux :


Edgar Degas
"Chez la Modiste" 1898
Pastel
Impressionnisme
Edgar Degas
"Chez la Modiste"
1880
Pastel
Impressionnisme
Edgar Degas
"Chez la Modiste"
Pastel
entre 1879 et 1886
Art Institute Chicago
Impressionnisme
Henry Tonks
"Chez la Modiste"
1892
Impressionnisme
via
August Macke
"Femme à l'Ombrelle devant un Magasin de Chapeaux"
Expressionnisme

Pierre-Paul Rubens
"Le Chapeau de Paille" ou" Suzanne Fourment"
1625
Baroque Flamand
National Gallery
 
JohannèsVermeer
"La Dame au Chapeau Rouge"
1665
Baroque Flamand
Washington, National Gallery of Art
Jean-Baptiste Greuze
"Le Chapeau Blanc"
Vers 1780
Classicisme
Museum of Fines Arts -  Boston

Friedrich von Amerling
"Jeune Fille au Chapeau"
1834
Hermann Fenner-Behmer
"De quoi écrire"
1890
William Mac Gregor Paxton
"Cherry" (ou "The Gay Nineties")
1906
Impressionnisme
Collection Privée
doc : Art Renewal Center
Léo Fontan
"Jeune Femme au Chapeau"
Vers 1920
Document Arcadia
Jean-Gabriel Domergues
"Femme en noir à Venise"
1919
Impressionnisme
Via
William Mac Grégor Paxton
"La Russe"
1913
Impressionnisme
Via

jeudi 15 novembre 2012

JAUNE CITRON

Giovanna Garzoni
"Trois Citrons et une Abeille"
XVIIe siècle
Baroque Italien
Jaune Citron...
Sa couleur or et sa pulpe délicate protégée par une écorce grenue font du citron le fruit de la perfection décrit dans la Bible, l'autre "Pomme d'Or", parfois confondu avec le fruit de la Tentation. Or, le citron a de sérieux atouts pour symboliser à lui seul l'immortalité. Il fleurit et fructifie en toute saison, Hiver inclus. Ses vertus médicinales en ont fait le guérisseur de bien des maux.
 
 
Giovanna Garzoni
"Nature Morte au Plat de Citrons"
Vers 1640
Baroque Italien
Cher Citron... 
En Peinture, le citron apparut à la Renaissance, mais seulement en qualité d'ornement précieux,  car il était si rare que son prix était quasiment prohibitif. Déjà, l'empereur Romain Doclétien avait fixé son prix à douze fois celui d'un melon ! Indispensable au rituel Juif, après l'exode de Babylone, les Hébreux l'adaptèrent à nos climats et difusèrent sa culture en Europe.
 
Jacob van Hulsdonck
"Nature morte avec Citrons, Oranges et Grenades"
1640
Doc : Getty Center - Los Angeles
Baroque Flamand
Prodigieux Citron...
Dans la Peinture Flamande, puis Hollandaise du XVIIe siècle, le citron fut l'ornement des fastueuses tablées des mises en scènes de Natures Mortes, entier ou délicatement pelé.
Plus que symbole de l'immortalité, il devint celui du temps qui passe et de la vanité des biens terrestres. Au XIXe siècle, sa culture s'intensifia et sa consomation devint courante. Manet et les Impressionnistes négligèrent toute signification religieuse au citron et firent oublier peu à peu celle-ci.
 

Edouard Manet
"Citron" 1880
Impressionnisme
Musée d'Orsay - Paris

Couleur Citron...
La couleur du citron a valu bien des déboires aux artistes. Fabriqué à partir de l'orpiment, (pigment naturel dérivé de l'arsenic), ou à partir d'urine et de bouse de vache pour le Jaune Indien, ou par un mélange de plomb et d'oxyde d'antimoine pour le Jaune de Naples, les recettes chimiques de fabrication du jaune restent très toxiques sans pour autant parvenir à rivaliser avec l'Or pur. En peinture, le jaune a fini par devenir la représentation des exclus, des traitres et des menteurs...  Une couleur péjorative aux antipodes de ses vertus symboliques.
 
Pieter Claesz
Nature Morte aux deux Citrons
un Façon de Venise en verre, Roemer,
Couteau et Olives sur une Table
1629
Metropolitan Muséum of Art - New-York
 
Pieter Claez
"Nature Morte au Crabe" XVIIe siècle
Baroque Hollandais
Musée des Beaux-Arts - Strasbourg
 
Francisco de Zurbaran
"Nature Morte aux Citrons, Oranges et Rose"
vers 1633
Baroque Espagnol
Norton Simon Fondation - Los Angeles
Fabuleux Citron... 
En Espagne dès 1633, en plein Siècle d'Or et sous le règne de Philippe IV, le précieux citron fit son entrée dans les cuisines européennes. Ce tableau de Francisco de Zurbaran est une "Vanité" sans crâne, la mise en scène rigide et théatrale rappelle sciemment les symboles des sujets représentés : l'Orange comme le Citron figurent l'immortalité et la Rose coupée rappelle la brièveté de la vie. Par cette oeuvre, l'artiste invite à se méfier des tentations matérielles  de ce monde et à méditer sur notre condition mortelle.


Henri-Achille Zo
"Aguadora"
Vers 1900
Musée d'Orsay
Document : Base Joconde
 
Claude Monet
 "Citrons sur Branche" 1884
Impressionnisme
Guiseppe Arcimboldo
"L'Hiver"  - 1573
Maniérisme
 Kunthistorisches Museum - Vienne
Regardons de plus près ce buste de vieillard de profil sur fond noir. Il fait partie de la série des Quatre Saisons peintes par Guiseppe Arcimboldo. Le surprenant puzzle est composé d'une souche à l'écorce crevassée, de racines, de champignons, de lierre, d'une natte d'osier et de deux fruits. Arcimboldo brouille les pistes (mais l'on connait son sens de l'humour ! ) avec ces motifs sensés évoquer la vieillesse, la laideur et la mort. Car un détail détonne : le citron rutilant accroché au cou du personnage. Le symbole de l'immortalité et de la fertilité au coeur de l'Hiver ensoleille le tableau. A travers cette image codée, l'artiste n'oublie pas de flatter la longévité des Habsbourg, ses mécenes (Arcimboldo était le protégé des empereurs Maximilien II et Rodolphe II). Habile message politique en temps de guerre, l'oeuvre a été construite comme une énigme à plusieurs sens, mais le XVIe siècle était résolument Manieriste !

Guillaume Van Deynum
"Nature Morte aux Fruits" XVIIe
Musée de Picardie - Amiens

Jacob Foppens Van Es
"Nature Morte au Pichet" XVIIe siècle
Valenciennes - Musée des Beaux-Arts

Andrée Karpelès
"Nature Morte au Citron"
Musée des Beaux-Arts - Limoges
Doc : Peintures et Musées de France
Source documentation : d'après Hélène Mugnier - Ed Plume de Carotte.