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| Elizabeth Adela Stanhope Forbes "The Leaf" 1897-98 Aquarelle sur Papier Newlyn School |
Et nous nous intéressions aujourd'hui à l'une des couleurs dominantes de l'Automne, le ROUGE...
Parler de Couleur Rouge serait-il un pléonasme ? Certains mots, tels "coloratus", en latin ou "colorado" en espagnol, signifient à la fois "rouge" et "coloré". En russe, Krasnoï signifie "rouge" mais aussi "beau" (étymologiquement, la Place Rouge est la "Belle Place")
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| Charles Webster Hawthorne "La robe Rouge" 1905 Impressionnisme |
Le système chromatique de l'Antiquité tournait autour de 3 pôles :
Le BLANC représentait l'incolore
Le NOIR figurait le sale
Et le ROUGE était "LA" couleur, la seule digne de ce nom.
La suprématie du rouge s'imposât ainsi à tout l'Occident. Très tôt, les pigments rouges furent maîtrisés afin de les utiliser en teinture et en peinture. Vers - 35000 ans avant J-C, l'Art paléolithique utilisait déjà le rouge à partir de la terre ocre rouge (Bestiaire Grotte Chauvet).
Le BLANC représentait l'incolore
Le NOIR figurait le sale
Et le ROUGE était "LA" couleur, la seule digne de ce nom.
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| John Lavery "Lady in Red : Portrait de Constance Bridges" 1924 Collection Privée Newlyn School |
La suprématie du rouge s'imposât ainsi à tout l'Occident. Très tôt, les pigments rouges furent maîtrisés afin de les utiliser en teinture et en peinture. Vers - 35000 ans avant J-C, l'Art paléolithique utilisait déjà le rouge à partir de la terre ocre rouge (Bestiaire Grotte Chauvet).
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| Garance des Teinturiers Rubia Tnctorum Köhler's Medizinal-Pflanzen-123 |
Au Néolithique, ce fut la Garance, herbe aux racines tinctoriales présente sous les climats les plus variés qui tint le haut du pavé. Puis, on se servit de métaux, tels l'oxyde de fer ou le sulfure de mercure. La chimie du rouge fut précoce et efficace, d'où le succès de cette couleur.
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| Edwin Austin Abbey "The Lady Anne" 1889 Butler Institute of American Art Youngstown - Ohio |
Dans l'Antiquité, on confiait au Rouge les attributs du pouvoir (religion et guerre). Le dieu Mars portait du rouge ainsi que les prêtres et les centurions. Le Christianisme primitif formalisa une forte symbolique autant positive que négative du feu et du sang qui perdure encore de nos jours.
Le rouge feu est la vie, l'Esprit Saint de la Pentecôte, les langues de feu régénératrices descendant sur les Apôtres, mais c'est aussi la mort, les flammes de l'enfer qui consument et anéantissent.
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| Thomas Cooper Gotch "They come" non daté Doc Wikipedia Préraphaélisme |
Le rouge feu est la vie, l'Esprit Saint de la Pentecôte, les langues de feu régénératrices descendant sur les Apôtres, mais c'est aussi la mort, les flammes de l'enfer qui consument et anéantissent.
Le rouge sang est celui versé par le Christ, la force du Sauveur qui purifie et sanctifie, mais c'est aussi péché, crimes et impuretés.
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| Anders Zorn Natteffekt (Night Effect) Private Collection 1895 Museum of Art, Göteborg Impressionisme - Réalisme |
Le rouge est associé tantôt à la faute et à l'interdit, tantôt à la puissance et à l'amour. Dans le monde des couleurs et des symboles, tout est ambivalent, chacun se dédouble en 2 pôles opposés.
Signe du pouvoir par excellence, la pourpre était issue de la substance colorante du Murex, coquillage de Méditerranée dont les gisements se trouvaient surtout sur les côtes de Palestine et d'Egypte. Réservée à l'empereur et aux chefs de guerre pendant l'Antiquité, au Moyen-Âge, on perdit la recette de la pourpre romaine à cause de l'épuisement des gisements de murex et on la remplaçât par le kermès (poudre d'oeufs de cochenille).
La récolte du kermès est laborieuse et sa fabrication coûteuse, mais le rouge obtenu est splendide et lumineux. Les seigneurs bénéficiaient de ce luxe, mais paysans recouraient à la garance, moins onéreuse et moins éclatante. Socialement le rouge différait... Pour l'oeil médiéval, un rouge vif était une marque de puissance, pour les laïcs comme les ecclésiastiques.
A partir des XIIIe et XIVe siècles, le pape, voué au blanc, commença à porter du rouge tout comme les cardinaux. L'emploi de cette teinte signifiait que ces personnages étaient prêts à verser leur sang pour le Christ, tandis que, ambivalence toujours : on peignait les diables rouges sur les tableaux, et les chevaliers félons des romans du XIIe siècle (écrits en vers assonantiques avant d'être écrits en prose) et leurs armoiries étaient en rouge.
Il semble que notre esprit s'accommode fort bien de cette ambivalence...
Le Petit Chaperon Rouge et autres contes...
La première version du Chaperon Rouge date de l'An Mille, la fillette était en rouge car, ainsi que l'affirment certains textes anciens : l'histoire se déroule aux alentours de la Pentecôte dont la couleur liturgique est le rouge, ou bien parce que l'enfant se retrouvait dans le même lit que le loup et que le sang allait couler.
Cependant l'explication sémiologique est simple : une enfant en rouge, porte un pot de beurre blanc à sa Mère-Grand habillée de noir, et rencontre un loup au pelage noir, voici là les 3 couleurs de base du système ancien.
Il en va de même pour Blanche-Neige : elle a le teint pâle et reçoit une pomme rouge d'une sorcière noire. Idem pour le corbeau noir qui lâche son fromage blanc sur le rouquin et rusé renard !
Au Moyen-Âge, les codes symboliques se faufilaient jusque dans la vie quotidienne. Certains teinturiers bénéficiaient d'une licence pour le rouge avec l'autorisation de teindre aussi en blanc et en jaune, d'autres avaient une licence pour le bleu, avec autorisation pour le vert et le noir.
A Venise, Milan, et Nuremberg, les spécialistes du rouge garance ne pouvaient travailler avec le rouge kermès sous peine de procès. Les teinturiers du bleu et ceux du rouge, cantonnés dans les faubourgs à cause de la pestilence de leur commerce, ne vivaient pas dans les mêmes rues.
Si au Moyen-Âge, si le bleu était plutôt féminin en référence à la Vierge Marie, et le rouge plus masculin, la tendance s'inversa après la Réforme protestante qui chassait le rouge du Temple (et à fortiori des vêtements chrétiens protestants) puisque cette couleur était considérée comme immorale.
Les hommes catholiques, quant à eux, cessèrent de porter du rouge pour le laisser aux prélats, alors le bleu devint masculin. Tandis que les femmes catholiques adoptaient d'avantage le rouge. On en garde la trace encore de nos jours bien qu'elle tende à s'effacer : le rose pour les filles et le bleu pour les garçons !
La Mariée en Rouge...
Les femmes se mariaient en rouge, chez les paysans comme chez les citadins. Pourquoi ? Parce que le jour de son mariage, on revêt une robe riche et belle et qu'à cette époque, elle était forcément rouge, les teinturiers étant plus performants dans cette couleur là.
Et l'on retrouve encore notre ambivalence : pendant longtemps, les prostituées eurent l'obligation de porter une pièce de vêtement rouge afin que les choses soient bien claires dans la rue. Pour la même raison, on suspendit une lanterne rouge à la porte des maisons closes dont l'intérieur était souvent décoré de rouge...
Encore une fois, le rouge décrit les deux versions, les deux versants de l'amour : le divin et le péché de chair. Au fil des siècles, le rouge de l'interdit s'affirma, il s'étendit à la robe des juges et à la tenue du bourreau. Et dès le XVIIIe, le chiffon rouge signifia le danger.
Le Rouge de la Révolution...
En octobre 1789, l'Assemblée Constituante décréta qu'un drapeau rouge sera placé aux carrefours parisiens en cas de trouble afin de signifier l'interdiction d'attroupement et indiquer que la force publique est susceptible d'intervenir.
Le 17 juillet 1791, de nombreux Parisiens se rassemblèrent au Champ-de-Mars afin de demander la destitution du roi Louis XVI, arrêté dans sa fuite à Varennes. L'émeute menaçait, Bailly, le maire de Paris, fit alors hisser à la hâte un grand drapeau rouge. Mais les gardes nationaux tirèrent sans sommation... La cinquantaine de morts fut nommée "Martyrs de la Révolution". Par cette étonnante inversion, "ce drapeau rouge teint du sang des martyrs" devint l'emblème du peuple opprimé et de la Révolution en marche.
Le 25 février 1848, les insurgés brandirent de nouveau le drapeau rouge devant l'Hôtel de Ville de Paris. Le drapeau tricolore de la Révolution de 1789 était devenu le drapeau national - Les 3 couleurs du drapeau français ne sont pas, contrairement à ce que l'on prétend, une association de la couleur royale (blanc) à celles de la ville de Paris (rouge et bleu qui était en réalité rouge et marron), elles sont été reprises de la Révolution américaine. En 1848, donc, le drapeau tricolore était discrédité, car le roi Louis-Philippe s'y était rallié...L'un des manifestants demanda que l'on fasse du drapeau rouge "le symbole de la misère du peuple et de la rupture avec le passé" l'emblème officiel de la République. Mais ce fut Alphonse de Lamartine, membre du gouvernement provisoire, qui sauva nos 3 couleurs !
"Le drapeau rouge, clama-t-il, est un pavillon de terreur qui n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ! "
Le drapeau rouge eut tout de même un bel avenir. La Russie soviétique l'adopta en 1918 et la Chine communiste en 1949.
Rien ne disparaît jamais vraiment dans le domaine des symboles, le rouge du pouvoir et de l'aristocratie occidentale (le jaune tient ce rôle dans les cultures asiatiques) a traversé les siècles comme le rouge révolutionnaire et prolétarien. L'érotisme et la passion sont également toujours rouges, comme les panneaux d'interdiction, les feux rouges, le téléphone rouge, l'alerte rouge, le carton rouge, la Croix-Rouge...
Chez nous, Noël, le luxe, le spectacle (combien de salles de théâtres et d'opéras en velours rouge !) nous émerveillent en rouge, sans oublier les honneurs du tapis rouge ! Mais dans notre vie quotidienne, il est plus discret. Plus le bleu a progressé, plus le rouge a reculé.
Billet réalisé grâce au livre : "Le petit livre des couleurs" de Michel Pastoureau et Dominique Simonet, Editions du Panama
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| George Leslie Dunlop "In the Wizard's Garden" 1904 Collection Christchurch Art Gallery To Puna o Watwehu New-Zeland après . Académisme |
LA POURPRE et le KERMES...
Signe du pouvoir par excellence, la pourpre était issue de la substance colorante du Murex, coquillage de Méditerranée dont les gisements se trouvaient surtout sur les côtes de Palestine et d'Egypte. Réservée à l'empereur et aux chefs de guerre pendant l'Antiquité, au Moyen-Âge, on perdit la recette de la pourpre romaine à cause de l'épuisement des gisements de murex et on la remplaçât par le kermès (poudre d'oeufs de cochenille).
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| Murex Phyllonotus Brandaris |
La récolte du kermès est laborieuse et sa fabrication coûteuse, mais le rouge obtenu est splendide et lumineux. Les seigneurs bénéficiaient de ce luxe, mais paysans recouraient à la garance, moins onéreuse et moins éclatante. Socialement le rouge différait... Pour l'oeil médiéval, un rouge vif était une marque de puissance, pour les laïcs comme les ecclésiastiques.
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| Agnolo Bronzino "Jeune Femme et son Enfant" 1540-41 Maniérisme |
A partir des XIIIe et XIVe siècles, le pape, voué au blanc, commença à porter du rouge tout comme les cardinaux. L'emploi de cette teinte signifiait que ces personnages étaient prêts à verser leur sang pour le Christ, tandis que, ambivalence toujours : on peignait les diables rouges sur les tableaux, et les chevaliers félons des romans du XIIe siècle (écrits en vers assonantiques avant d'être écrits en prose) et leurs armoiries étaient en rouge.
Il semble que notre esprit s'accommode fort bien de cette ambivalence...
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| Le Petit Chaperon Rouge (c) Eva Soulu Illustration |
Le Petit Chaperon Rouge et autres contes...
La première version du Chaperon Rouge date de l'An Mille, la fillette était en rouge car, ainsi que l'affirment certains textes anciens : l'histoire se déroule aux alentours de la Pentecôte dont la couleur liturgique est le rouge, ou bien parce que l'enfant se retrouvait dans le même lit que le loup et que le sang allait couler.
Cependant l'explication sémiologique est simple : une enfant en rouge, porte un pot de beurre blanc à sa Mère-Grand habillée de noir, et rencontre un loup au pelage noir, voici là les 3 couleurs de base du système ancien.
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| Le Petit Chaperon Rouge (c) Anna Rogowska Illustration |
Il en va de même pour Blanche-Neige : elle a le teint pâle et reçoit une pomme rouge d'une sorcière noire. Idem pour le corbeau noir qui lâche son fromage blanc sur le rouquin et rusé renard !
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| Blanche Neige (c) Tieneke Wolke Illustration |
Au Moyen-Âge, les codes symboliques se faufilaient jusque dans la vie quotidienne. Certains teinturiers bénéficiaient d'une licence pour le rouge avec l'autorisation de teindre aussi en blanc et en jaune, d'autres avaient une licence pour le bleu, avec autorisation pour le vert et le noir.
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| Scène de Garançage Bruges 1482 Document Collège de France Via |
A Venise, Milan, et Nuremberg, les spécialistes du rouge garance ne pouvaient travailler avec le rouge kermès sous peine de procès. Les teinturiers du bleu et ceux du rouge, cantonnés dans les faubourgs à cause de la pestilence de leur commerce, ne vivaient pas dans les mêmes rues.
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| Jan Van Eyck "Portrait d'un Homme en Turban" Possible Auto-Portrait 1433 National Gallery - Londres Renaissance Flamande |
Si au Moyen-Âge, si le bleu était plutôt féminin en référence à la Vierge Marie, et le rouge plus masculin, la tendance s'inversa après la Réforme protestante qui chassait le rouge du Temple (et à fortiori des vêtements chrétiens protestants) puisque cette couleur était considérée comme immorale.
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| Philippe de Champaigne "Portrait du Cardinal de Richelieu" 1640 Chancellerie des Universités - Paris |
Les hommes catholiques, quant à eux, cessèrent de porter du rouge pour le laisser aux prélats, alors le bleu devint masculin. Tandis que les femmes catholiques adoptaient d'avantage le rouge. On en garde la trace encore de nos jours bien qu'elle tende à s'effacer : le rose pour les filles et le bleu pour les garçons !
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| Rembrandt Harmenszoon van Rijn "La Jeune Mariée Juive" ou "la Fiancée Juive" 1667 Rijskmuséeum - Amsterdam Baroque Hollandais |
La Mariée en Rouge...
Les femmes se mariaient en rouge, chez les paysans comme chez les citadins. Pourquoi ? Parce que le jour de son mariage, on revêt une robe riche et belle et qu'à cette époque, elle était forcément rouge, les teinturiers étant plus performants dans cette couleur là.
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| Coles Phillips "Woman reading book in window nook" 1913 Gouache Via Artnet Illustration |
Et l'on retrouve encore notre ambivalence : pendant longtemps, les prostituées eurent l'obligation de porter une pièce de vêtement rouge afin que les choses soient bien claires dans la rue. Pour la même raison, on suspendit une lanterne rouge à la porte des maisons closes dont l'intérieur était souvent décoré de rouge...
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| Henri de Toulouse Lautrec "Le Salon de la Rue des Moulins" 1894 Musée Toulouse-Lautrec - Albi Post-Impressionnisme |
Encore une fois, le rouge décrit les deux versions, les deux versants de l'amour : le divin et le péché de chair. Au fil des siècles, le rouge de l'interdit s'affirma, il s'étendit à la robe des juges et à la tenue du bourreau. Et dès le XVIIIe, le chiffon rouge signifia le danger.
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| Elisabeth Vigée-Lebrun "Portrait de Marie-Antoinette" 1887-88 Collection particulière |
Le Rouge de la Révolution...
En octobre 1789, l'Assemblée Constituante décréta qu'un drapeau rouge sera placé aux carrefours parisiens en cas de trouble afin de signifier l'interdiction d'attroupement et indiquer que la force publique est susceptible d'intervenir.
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| Elisabeth Vigée-Le Brun "Portrait de la Baronne de Crussol" 1785 Musée des Augustins - Toulouse Notice |
Le 17 juillet 1791, de nombreux Parisiens se rassemblèrent au Champ-de-Mars afin de demander la destitution du roi Louis XVI, arrêté dans sa fuite à Varennes. L'émeute menaçait, Bailly, le maire de Paris, fit alors hisser à la hâte un grand drapeau rouge. Mais les gardes nationaux tirèrent sans sommation... La cinquantaine de morts fut nommée "Martyrs de la Révolution". Par cette étonnante inversion, "ce drapeau rouge teint du sang des martyrs" devint l'emblème du peuple opprimé et de la Révolution en marche.
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| 25 février 1848 Alphonse de Lamartine sauve le drapeau tricolore Document Pinterest |
Le 25 février 1848, les insurgés brandirent de nouveau le drapeau rouge devant l'Hôtel de Ville de Paris. Le drapeau tricolore de la Révolution de 1789 était devenu le drapeau national - Les 3 couleurs du drapeau français ne sont pas, contrairement à ce que l'on prétend, une association de la couleur royale (blanc) à celles de la ville de Paris (rouge et bleu qui était en réalité rouge et marron), elles sont été reprises de la Révolution américaine. En 1848, donc, le drapeau tricolore était discrédité, car le roi Louis-Philippe s'y était rallié...L'un des manifestants demanda que l'on fasse du drapeau rouge "le symbole de la misère du peuple et de la rupture avec le passé" l'emblème officiel de la République. Mais ce fut Alphonse de Lamartine, membre du gouvernement provisoire, qui sauva nos 3 couleurs !
"Le drapeau rouge, clama-t-il, est un pavillon de terreur qui n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, tandis que le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ! "
Le drapeau rouge eut tout de même un bel avenir. La Russie soviétique l'adopta en 1918 et la Chine communiste en 1949.
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| John Lavery "Hazel in Red and Gold" 1918 Newlyn School |
Rien ne disparaît jamais vraiment dans le domaine des symboles, le rouge du pouvoir et de l'aristocratie occidentale (le jaune tient ce rôle dans les cultures asiatiques) a traversé les siècles comme le rouge révolutionnaire et prolétarien. L'érotisme et la passion sont également toujours rouges, comme les panneaux d'interdiction, les feux rouges, le téléphone rouge, l'alerte rouge, le carton rouge, la Croix-Rouge...
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| Image Pinterest |
Chez nous, Noël, le luxe, le spectacle (combien de salles de théâtres et d'opéras en velours rouge !) nous émerveillent en rouge, sans oublier les honneurs du tapis rouge ! Mais dans notre vie quotidienne, il est plus discret. Plus le bleu a progressé, plus le rouge a reculé.
Billet réalisé grâce au livre : "Le petit livre des couleurs" de Michel Pastoureau et Dominique Simonet, Editions du Panama
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| Giovanni Battista Moroni "La Dama in Rosso" (Contessa Lucia Albani Avogadro) 1557-60 The National Gallery - London Maniérisme |
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| Moïse Kisling "Kiki de Montparnasse" 1925 |
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| Edwin Austin Abbey "Ô Mistress Mine, where are you roaming ?" 1899 Walker Art Gallery - Liverpool Illustration - Préraphaélisme |
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| John William Godward "Automne" 1900 Préraphaélisme - Néo-Classicisme |
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| Tamara de Lempicka "Portrait de Mme Bush"Années 25-30 "Art-Déco" |
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| René Gruau Vers 1985 Illustration |






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