Affichage des articles dont le libellé est Modernisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Modernisme. Afficher tous les articles

dimanche 15 mars 2015

LA TOUR EIFFEL DANS L'ART

(c) Kanako Kuno
pour My Little Paris

On la mêle à tout et à rien, elle sert de faire valoir à certaines photos et cartes postales, on l'exploite en publicité, on la fait tourner au cinéma, on la reproduit en modèle réduit, en puzzle 3D, mais on la peint... Les artistes savent la regarder avec un autre oeil que celui des publicitaires, ou l'oeil de ceux qui ne souhaitent qu'une chose : se faire de l'argent sur son dos de fer... Mais on ne pourrait se passer d'elle, elle "est" Paris.
Bref on l'aime, notre Dame de Fer ! Merci Monsieur Eiffel ! 

Tour Eiffel dans la Brume...

Paris Remembered
(c) Lorraine Christie

...Ou Souvenir de sa construction par Carl Larsson qui habitait Paris et Grez-sur-Loing à cette époque... Peu d'artistes l'ont peinte à ses débuts... Elle a eu beaucoup plus de succès à partir de la seconde moitié du 20e siècle, et bien sur, dans notre et 21e siècle, on continue à l'honorer.

La Tour Eiffel en Construction
Carl Larsson
1888
Impressionnisme - Naturalisme

"Tour Eiffel"
Georges Seurat
1889
Fine Arts Museum - San Francisco
Pointillisme

"La Tour Eiffel et le Champs de Mars en Janvier 1889"
Paul Louis Delance
Musée Carnavalet Paris

Qu'en pensez vous Madame ? Elle est jolie n'est-ce pas ? Vous avez l'oeil sceptique... Il est vrai qu'à votre époque, la Dame de Fer devait être démolie après l'Exposition... Heureusement que Monsieur Eiffel aimait bien sa Tour... Il se débrouilla pour surmonter les obstacles afin qu'elle devînt monument d'utilité publique. A commencer par le télégraphe, elle se transforma en support d'antennes pour le Génie, les liaisons téléphoniques de l'armée, et plus tard, la radio publique, la météo et la télévision.

"Devant la Tour Eiffel"
Jean Béraud
1889
Musée Carnavalet - Paris
Impressionnisme

Et vous Madame ? Oh vous lui tournez le dos ! 

"Dame à l'Exposition Universelle de 1889"
Luis Jiménez Aranda
Meadows Museum of Art - Dallas
La Tour était rouge à l'époque de l'Exposition Universelle de 1889... Et déjà illuminée ! 

"Embrasement de la Tour Eiffel
pendant l'Exposition Universelle de 1889"
George Garen
1889
D'ailleurs, Robert Delaunay nous la montre en rouge...

Robert Delaunay
"La Tour Rouge"
1911-1912
Orphisme
Et dorée par le soleil...

Tour Eiffel
Robert Delaunay
Orphisme
Marc Chagall, quant à lui, nous la présente en bleu ! 

"Les Mariés de la Tour Eiffel"
Marc Chagall
1938-39
Centre Pompidou - Paris
Ecole de Paris

Petit à petit, les artistes ont aimé sa silhouette esthétique, sa ligne élancée, son design presque gracile... Bien qu'elle pèse des tonnes ! lol

"La Tour Eiffel"
Raoul Dufy
1935
Aquarelle
Modernisme
"La Tour"
(c) Miroslaw Scheib

Bref, elle est devenue indispensable ! 

Même Hergé lui a rendu hommage dans Tintin...
(c) Hergé pour le Journal de Tintin
Illustration BD


Bernard Buffet a très bien su voir la couleur de Paris : 
Dans la Seine, le vert de gris du ciel et des toits de Paris, c'est la couleur et l'atmosphère particulières que la pluie offre à notre capitale dès que le ciel lui envoie une averse... C'est totalement magique...  Et Unique ! 
Les Parisiens ou ex-Parisiens, comme moi, savent bien de quoi je parle...

"La Tour Eiffel"
Bernard Buffet
1988
Expressionnisme
Voici d'ailleurs d'autres exemples, cette atmosphère n'a pas échappé à l'oeil des artistes...

"La Tour Eiffel"
Emile Albert Gruppé
Impressionnisme
"La Tour Eiffel"
(c) Tullio Crali
1980
Modernisme
"Basset à Paris"
(c) David J.Rogers
Aquarelle
"Automne à Paris"
(c) Dusan Djukaric
Aquarelle
Quelle que soit l'atmosphère dans laquelle elle baigne, la Tour Eiffel est devenue une star ! 

"Tour Eiffel, Robe Rouge"
(c) Trish Biddle
Aquarelle
Gif (c) Maryla

(c) Jason Das
Aquarelle

Un petit air printanier de la part de Fifi Flowers...

(c) Fifi Flowers
Aquarelle
(c) Guy Dessapt

"La Tour Eiffel et le Champs de Mars"
(c) Lowell Herrero
La Tour mesure aujourd'hui 324 m depuis l'ajout de sa dernière grande antenne par TDF.

"Let's go to Paris, Mr Dewitt ! "
(c) MastersCheefs
Illustration Digitale
(c) Richard S. Johnson
"La Tour Eiffel"
(c) R. Magrini
Même à l'avant dernier plan, elle est le centre du tableau :

(c) Liudmila Kondakova
Magic Tour
Au dernier plan aussi ! lol

"La Tour" (c) Isy Ochoa

Même "suggérée", on sait où l'on est !  

(c) Inslee

Le jour décline, attention, la Dame de Fer ne va pas tarder à s'allumer...

"City of Love"
(c) Alexei Butirskiy
"Trocadéro"
(c) Matthieu Forichon
Illustration - Art Digital

(c) Matthieu Forichon
Art Digital
La voici justement parée des lumières du Soir...

(c) Marilyn Hageman
Aquarelle
Et quant Disney s'en mêle, c'est magique...

(c) Disney - Ratatouille

(c) Kanako Kuno
pour My Little Paris

Sans la Tour Eiffel, Paris ne serait pas tout à fait Paris...
Cela vaut bien un bisou ! 

(c) Kanako Kuno pour My Little Paris

Tout savoir sur la Tour Eiffel : CLIC

PS : Un peu de patience supplémentaire est réclamée à mes chères et chers copinautes, j'ai un (gros) souci, j'ai perdu 3 éléments de la dite surprise, impossible de remettre la main dessus, ils sont donc à... recommencer ! Décidément, ce billet surprise n'a pas de chance ! lol

mardi 8 mars 2011

LES PRINCESSES RUSSES DE VROUBEL

"La Princesse Cygne" portrait de Nadezhda Zabela-Vroubel (1900)


Mikhaïl Aleksandrovitch Vroubel est considéré comme l'un des les plus grands peintres russes du Mouvement Symboliste, et pionnier du Modernisme (Art Nouveau russe). Sa technique fortement innovatrice, inspirée par l'Art bysantin, rompit avec les traditions de l'Académie des Beaux Arts de St Pétersbourg où il avait été brillant étudiant, et se dissocia de la conscience sociale des "Vagabonds" (romanciers russes dont Dostoïevski). Personnalité à part, Vroubel fut un artiste profondément original et indépendant, il amena l'Art russe au seuil du XXe siècle.


Vroubel naquit à Omsk, en Sibérie, le 17 mars 1856. Orphelin de mère à l'âge de 3 ans, il fut diplômé de la Faculté de Droit de l'Université de St Petersbourg en 1880. Peu après l'obtention de ce diplôme, son père reconnut enfin le talent artistique de sa progéniture. L'année suivante, Mikhail Vroubel entrait à l'Académie Impériale des Beaux-Arts où il étudia sous la direction de Pavel Tchistiakov. Déjà dans ses premières œuvres, l'artiste montrait son singulier penchant pour la suppression des perspectives. Plus tard, il développa un autre penchant pour la composition fragmentaire et la "touche inachevée".



Sirène


En 1884, on fit appel à Vroubel afin de refaire les peintures murales éffacées et les mosaïques du XIIe siècle de l'église Saint-Cyril de Kiev. Afin d'exécuter au mieux ce travail, il partit pour Venise étudier l'Art chrétien médieval. C'est là que, selon les mots d'un historien de l'Art, "sa palette acquit de nouvelles tonalités saturées, fortes comme le jeu iridescent des pierres précieuses". La plupart de ses œuvres peintes à Venise furent perdues, l'artiste était plus intéressé par le processus créatif que par la promotion de ses oeuvres.

De retour à Kiev en 1886, Vroubel présenta quelques plans pour la construction de la nouvelle la cathédrale Saint Vladimir, aucun ne fut retenu par le Jury, cependant la décoration intérieure de l'édifice lui fut confiée ainsi qu'à 9 autres artistes. En 1889, l'artiste rejoignit la Colonie d'Abramtsevo, dont les batiments appartenaient au mecène Savva Mamontov (colonie d'Artistes que l'on compare à l'Ecole de Pont-Aven en France). En 1905, Vroubel créa d'impressionnantes fresques en mosaïque sur l'hôtel Metropol de Moscou, le panneau Princesse Gryoza (Princesse de Rêve) orne le centre de partie supérieure de la façade sur Teatralnaya Ploschad (Place des Théatres).


Hôtel Métropol de Moscou "Princesse Rêve" fresque de Vroubel document wikimedia


Puis, de retour à Kiev, son sujet sur le Christ presque épuisé, Vroubel commença alors sa série de peintures et d'aquarelles sur le "Démon", long poème romantique de Mikhaïl Lermontov, longue description de la passion charnelle d'un "éternel esprit nihiliste" à Tamara, jeune fille Géorgienne. L'artiste ajouta du bronze en poudre à ses huiles pour atteindre des effets particulièrement lumineux et chatoyants qui perdirent rapidement leur éclat. La plupart des critiques conservateurs accusèrent la laideur sauvage de cette toile, le mécène Savva Ivanovitch Mamontov trouva là une "symphonie fascinante d'un génie". A cette époque, Vroubel développa un vif intérêt pour les arts orientaux, en particulier les tapis persans dont il tenta d'en imiter la texture sur ses tableaux. A l'instar des artistes associés à l'Art Nouveau, Vroubel créa également des céramiques, des majoliques et des vitraux ainsi que des masques architecturaux.



Lilas (1900)



En 1896, Vroubel épousa la célèbre chanteuse d'Opéra Nadezhda Zabela. L'artiste créa les décors et les costumes pour les rôles de sa femme, interprète de la "Fée des Neiges", du "Cygne et la Princesse", et la "Princesse Volkhova" de Rimsky-Korsakov. Tombé sous le charme des contes de fées russes, l'artiste exécuta une partie de ses chefs d'oeuvres les plus appréciés dont "Pan" (1899) réalisé en quatre jours, le merveilleux "Princesse Cygne" portrait de son épouse (1900) et "Lilas" (1900).


Perle d'Huître 1904

En 1901, il retourna vers ses thèmes tourmentés et démoniaques, thème qui satura le public, et l'entraina vers une maladie mentale aggravée par la syphilis. En 1906, alors qu'il peignait une mystique Perle d'Huitre (1904) et quelques variations saisissantes sur les thèmes des poémes de Pouchkine dont "Le Prophète", les premiers signes d'une cécité l'obligèrent à abandonner la peinture. Vroubel décéda le 10 avril 1910 à Saint-Pétersbourg.
Source : biographie tirée pour une partie du Wikipédia anglais.