mercredi 20 mars 2013

RENOUVEAU


John Atkinson Grimshaw " Nid de Grives" 1862
Esthétisme
Quoi de plus charmant, de plus touchant que ces nids d'oiseaux afin d'illustrer ce premier billet de Printemps ? Aujourd'hui, le 20 mars, célèbre et signe la date officielle du Printemps, officiellement, car officieusement, la Nature fait ce qu'elle veut ! :D  Et elle a bien raison de ne pas se presser et de ne pas se laisser dicter quoi que ce soit par l'Homme. Permettez moi de donner ici mon avis lol : j'aime quand le Printemps arrive tout doucement, signe après signe, un bourgeon après l'autre, une fleur prémice d'une autre... Cela me laisse le temps de savourer chaque petite merveille, chaque petit miracle...


William Henry Hunt "Primevère et Nid d'Oiseau"
Vers 1840
Tate Gallery - Londres
Avez vous remarqué les verts printaniers ? Si bien saisis et retranscrits ci-dessus par William Henry Hunt (1790-1864). Vous ne les reverrez pas pendant le reste de l'année, (mis à part lchez es euchères) ce ne seront pas les mêmes verts, pas la même lumière non plus... Ces verts crus et frais, deviendront des tons plus tranchés dès l'été et vireront en de merveilleux olivâtres à l'Automne, en tout cas, pour tout ce qui restera vert. Nous reparlerons à l'Automne de la flamboyante féerie. Mais aujourd'hui tout commence... Ou plutôt : tout recommence...
Je vous souhaite un doux et délicieux Printemps...

William Hough (1819-1897)
Nature Morte avec Nid d'Oiseau et Primevères"
Aquarelle
Les nids, les oeufs, petites perfections de la Nature...

William Henry Hunt
"Primevères et Nids d'Oiseaux"
C'est si joli, si tendre, un nid...  Lui aussi, est prodige de vie...


William Henry Hunt
"Branch of Apple Blossom and Bird's Nest"
"Branche de Pommier en Fleurs et Nids d'Oiseaux"
Harris Museum and Art Gallery, Preston, Lancashire, UK

Abel Hold "Nest a song trush" 1870
"Nid de Grive Musicienne"
Abel Hold "Starling Nest" 1879
"Nid d'Etourneaux"

samedi 16 mars 2013

SIMILITUDES...

 
John William Waterhouse "L'Esprit de la Rose"

George Frederick Watts "Le Choix"
John William Waterhouse et George Frederick Watts 
 Parfums de fleurs pour deux Préraphaélites...

L'Art et l'inspiration conduisent parfois à être sensibilisé par un même sujet, selon les artistes, selon leurs styles, leurs palettes, ces sujets sont interpretés de manière différentes, et j'ai aimé à en rassembler quelques-uns dans ce billet. Par exemple, les nymphéas traités par Monet et par Halonnen, ou le pêcheur par Larsson ou Peterssen, on retrouve une similitude de gestes, d'attitudes, de formes... ou de couleurs ! Et sans pour autant traiter du même sujet, une oeuvre peut faire penser à une autre, c'est tout simplement BEAU... C'est la raison de ce billet ! Similitudes, similarités, simili-attitudes...


Eilif Peterssen et Carl Larsson :


Eilif Peterssen "Le pêcheur du Lac"

Carl Larsson "Pêcheur"

 
Carl Larsson et Anshelm Schultzberg :
Carl Larsson "Les Ramasseurs de Glace"


Anshelm Schultzberg "Jour d'Hiver"

Pekka Halonnen et Claude Monet
L'exactitude de la Couleur des Nénuphars...
Claude Monet "Nymphéas roses"

Pekka Halonnen

Frederick Childe Hassam et Frits Thaulow,
une atmosphère, une lumière et des ombres,
jusqu'à la présence des dômes de la Salute
et celle du Post Office de Chicago.
Frederick Childe Hassam "Fête à Chicago"

Frits Thaulow "Venise"
Carl Larsson et Daniel Ridway-Knight
Une attitude...
Carl Larsson "Eté de la Saint-Martin"

Daniel Ridway Knight "Julia sur la Terrasse"
 
John White Alexander et Pierre-Auguste Renoir
Les Liseuses...
John White Alexander "La Liseuse"

Pierre-Auguste Renoir "La Liseuse" 1874-76
Musée d'Orsay


Prince Eugène de Suède et John Atkinson Grimshaw
Une rivière, une chemin, suffisent à dire que ces deux tableaux ont quelque chose en commun...
Prince Eugène de Suède "Le Nuage" ("Molnet") 1895
 
John Atkinson Grimshaw "Paysage with a windng river" 1868

Abbey Alston et Eugène de Blaas
et leurs femmes au balcon

Abbey Alston "Au Balcon"
 
Eugène de Blaas "Sur le Balcon"


Claude Monet et John Singer Sargent

Claude Monet "Femme à l'Ombrelle"
John Singer Sargent "Coup de Vent"
Claude Monet et Gustave Caillebotte 
inspirés par "le Pont de l'Europe"
Claude Monet "Le Pont de l'Europe - Gare Saint-Lazare" 1877
Gustave Caillebotte "Pont de l'Europe" 1876

Peder Severin Kroyer et Joaquin Sorolla Bastida
Peder Severin Kroyer "Soir d'Eté sur la Plage de Skagen" 1899
Joaquin Sorolla Bastida "Promenade sur le Bord de Mer"
 
John Singer Sargent et Luther Emerson Van Gorder
Petites filles en blanc à la lueur des lanternes...
John Singer Sargent "Lys, Roses et Oeillets"


Luther Emerson Van Gorder "Lanternes Japonaises"
 
Peder Severin Kroyer et Max Nonnenbruch
Quelque Chose de Marie Kroyer
dans le sujet de Max Nonnenbruch
Peder Severin Kroyer "Marie Kroyer sur la Plage de Skagen" 1892
Max Nonnenbruch "Soir au Bord du Lac"
  
E Defonds et Edgard Maxence
L'impératrice Eugenie et le calme du soir...
E.Defonds " Impératrice Eugénie à Biarritz" 1858
Edgard Maxence "Le Calme du Soir" 1903
Et l'on pourrait jouer ainsi à l'infini....

samedi 2 mars 2013

LES LONGUES ROBES DES DAMES DE JOHN WHITE ALEXANDER



John White Alexander
"Portrait en Gris"
Musée d'Orsay
Il n'y a pas si longtemps, Norma a publié un tableau de John White Alexander sur son blog. Je me suis alors souvenu combien j'aimais sa peinture, ses portraits féminins, cette mouvance, ce vivant déployé des robes, aussi joli que le vent vif et frais dans les voiles des navires... L'Art de John White Alexander est d'une poésie totalement lyrique. Je vous propose de pénétrer dans sa peinture si subtile... 

John White Alexander
"The Fancy Dress" (Le Déguisement) 1894
John White Alexander naquit en 1856 à Allegheny City, en Pennsylvanie (ville annexée à Pittsburg en 1907). Orphelin dès son plus bas âge, il fut élevé par ses grands-parents. Dès 12 ans, John entra dans le monde du travail, il fut jeune télégraphiste à Pittsburgh, mais ses talent pour le dessin attira l'attention de l'un de ses employeurs, qui l'aida à les développer.

John White Alexander
"Althea" 1895
 
Alors en 1875, à l'âge de 18 ans, John White Alexander s'installa à New York et entra à la rédaction de l'hebdomadaire des frères Harper pour travailler en qualité d'illustrateur et caricaturiste politique, en même temps que Joseph Pennell, Howard Pyle, Edwin Austin Abbey et autres célèbres illustrateurs américains. Après ces 2 ans d'apprentissage et d'acquis, il navigua vers l'Europe.

John White Alexander
"Noir et Rouge" 1896
Un bref séjour à Paris, et ce fut en Allemagne, à la Kunstakademie de Munich, que sa formation d'artiste débuta, sous la houlette de l'artiste Hongrois Gyuka Benczur. Puis il rejoignit le cercle d'artistes de Frank Duveneck avec William Merrit Chase et Henri James, dans le village de Polling, en Bavière. Ses premiers paysages et scènes de genre des années 1875 portent l'empreinte du réalisme Munichois de Wilhelm Leibl. Son pinceau fluide ressemblait alors à ceux de Frans Hals et de Diego Velasquez, peintres qu'il admirait profondément. Le cercle d'artistes partit pour Venise, où Alexander profita des conseils de James Abbott Mac Neil Whistler. Puis, il poursuivit son apprentissage de l'Art à Florence, à Paris et aux Pays-Bas.

John White Alexander
"Une Rose" 1900
 
En 1881, l'artiste retourna à New York pour enseigner le dessin à l'Université de Princeton, il connu très rapidement le succès et la reconnaissance publique dès ses premières expositions de portraits où sa palette, plus en retenue, évoquait déjà les émotions dans l'ombre et le geste. Parmi ses modèles, on peut remarquer Oliver Wendell-Holmes, John Burroughs, Henry G. Marquand, RAL Stevenson, et McCosh, le président de l'Université de Princeton.

John White Alexander -
Panneau pour une Salle de Musique
1894
Detroit Institute of Arts
Clic sur l'image

En 1889, sur une commande de Mme Jérémie Milbank, John White Alexander batit sa renommée par deux superbes portraits, l'un de Walt Whitman et un autre de Mr Milbank. L'artiste obtint un succès international dans les années 1890 grâce ses portraits de femmes idéalisées dans des intérieurs élégants. Son style affirme le potentiel décoratif de la peinture figurative dont la principale impulsion est esthétique et formelle plutôt que référentielle ou de représentation.



John White Alexander
"Le Bol Bleu" 1898
En 1891, John White Alexander vint vivre une décénnie à Paris où il gagna une reconnaissance internationale.

John David Alexander
"La Robe Verte"
En 1893, sa première exposition au Salon de Paris, celles de l'Exposition Internationale Carnegie et du Salon des Peintres Graveurs et Sculpteurs furent d'éclatants succès. S'ensuivit l'élection immédiate  de l'artiste à la Société Nationale des Beaux-Arts, moment à partir duquel de nombreux honneurs lui furent accordés.

John White Alexander
"Femme en Robe Rose"
En 1901, John White Alexander fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur et en 1902, il devint membre de la National Academy of Design, membre de l'Académie Américaine des Arts et Lettres, président de la Société Nationale des Peintres muraux. Parmi les récompenses qu'il reçut au cours de sa carrière, il faut compter la prestigieuse médaille d'or de l'Exposition Universelle de Paris en 1900 et celle de l'Exposition Universelle de Saint-Louis en 1904.
 
John White Alexander
"Le Rayon de Soleil"
dit aussi "La Violoncelliste" 1898
De retour aux Etats-Unis en 1904, élu à la présidence de l'Académie Nationale de Design de 1909 à 1915, Alexander ne cessa de s'impliquer dans le dévelopement et la promotion de l'Art, il fut mandaté pour créer de nombreuses et prestigieuses fresques murales.

John White Alexander
"Jeune Femme se Coiffant" 1890-95
 Beaucoup d'oeuvres de John White Alexander sont aujourd'hui exposées dans les musées et les monuments publics d'Europe et des États-Unis, dont le Metropolitan Museum of Art, le Brooklyn Art Museum, le Los Angeles County Museum of Art, le Musée des Beaux-Arts, de Boston, l'Institut Butler, et la Bibliothèque du Congrès à Washington DC. En outre, dans le hall d'entrée du Musée d'Art de l'Institut Carnegie à Pittsburgh, une série de peintures murales d'Alexander intitulé «Apothéose de Pittsburgh" (1905-1907) couvre les murs de l'atrium et des trois étages.

John White Alexander
Portrait de Mrs. Herman Duryea -1900
 
John White Alexander épousa Elizabeth Alexander Alexander, à qui il avait été présenté en partie à cause de leur nom de famille commun. Elizabeth était la fille de James Waddell Alexander, président de l'Equitable Life Assurance Society au moment du scandale Hyde Ball. Le couple eut un enfant, le mathématicien James Waddell Alexander II. John White Alexander décéda à New-York, le 31 mai, à la fin du printemps de 1915.

 
John White Alexander
"Repose" 1895
MET
 Pour "Repose", l'expression provocatrice du personnage et ses courbes souples reflètaient le goût français de cette époque pour les représentations de femmes sensuelles et les rythmes ondulants et linéaires de l'Art Nouveau. Avec ce modèle enveloppé dans des flots de tissu blanc, cette oeuvre fut raillée dans un magazine français, le modèle fut comparé à la danseuse américaine Loïe Fuller (1862-1928), la femme-papillon, célèbre pour manipuler des tourbillons de soie sur scène.

John White Alexander
"Portrait of a Lady" 1900

"Portrait d'une Dame" fut peint pendant la période parisienne d'Alexander. Temps où les portrait de dames furent sujet favori. Ce portrait est caractérisé par une simplification et un aplanissement des formes, d'élégants contours linéaires et une compostion assymétrique. La palette est discrete et limitée, avec un seul ton dominant. On peut remarquer là l'influence pénétrante de James Abbott Mac Neil Whistler, maître de l'Art pour l'Art.

John White Alexander
"The Ring"( La Bague)1911
Metropolitan Muséum of Art
Etude psychologique pour "The Ring" (La Bague). Le pinceau devenait moins pictural, plus soucieux de proposer des formes diffuses, presque abstraites. Pour ses oeuvres, John White Alexander adopta une toile à très gros tissage, dont la texture fut un élément important dans le rendu de ses oeuvres.
 
John White Alexander
Isabella" ou "Le Pot de Basilic" 1897
Boston - Museum of Fine Arts
 
Tout au long de sa carrière, Alexander favorisa la compositions avec un seul ton sur un fond fortement contrasté. Le contour sinueux et curviligne de l'héroïne "Isabella" ou "Le Pot de Basilic" (1897) évoque les formes contemporaines de l'Art Nouveau. Comme les Symbolistes, Alexander chercha par le geste et la lumière à intensifier le traitement sensuel du sujet.
John White Alexander
"Nature Morte aux Plumes
et Jarres de Gingembre"